Introduction : le tourisme international, une expression emblématique de la mobilité généralisée
- Définition du tourisme international (selon l’OMT) : déplacement temporaire hors de son espace habituel, avec franchissement d’une frontière nationale, pour une durée inférieure à un an, sans but lucratif direct.
- Chiffres-clés : franchissement du cap du milliard de touristes en 2013 (OMT), avec une croissance exponentielle jusqu’au choc de 2020 (pandémie).
- Lien avec la notion de mobilité généralisée : le tourisme illustre la montée d’un monde de flux dans lequel les déplacements récréatifs deviennent un besoin social normalisé dans les sociétés développées ou émergentes.
Problématique générale : comment le développement du tourisme international façonne-t-il les territoires et révèle-t-il les contradictions d’un monde mobile en transition ?
I. L’essor des mobilités touristiques internationales : logiques, acteurs et dynamiques
Problématique : quelles sont les causes et les caractéristiques de la croissance du tourisme international ?
1. Une croissance mondiale soutenue mais différenciée
Historique : passage d’un tourisme élitiste à un tourisme de masse à partir des années 1960.
Facteurs techniques et sociaux :
- développement des transports (vols low-cost, infrastructures aéroportuaires) ;
- accroissement des classes moyennes dans les Suds (ex : Chine, Inde) ;
- allongement du temps libre et politiques favorables à la mobilité (visas facilités) ;
- accessibilité croissante de l'information (rôle du numérique, réseaux sociaux).
2. Diversité des formes de tourisme :
- tourisme balnéaire, culturel, d’affaires, religieux, médical, etc. ;
- montée en puissance du tourisme expérientiel et individualisé : logique de “collectionneur de lieux” ;
- exemple de la Méditerranée : variété des formes, saisonnalité, segmentation des clientèles.
3. Acteurs et systèmes organisateurs :
- rôle des grands opérateurs mondiaux (Booking, TUI, Airbnb, compagnies aériennes) ;
- influence des Gafam et réseaux sociaux dans les décisions touristiques ;
- infrastructures de mobilité au cœur du système (hubs aériens, croisières…).
4. Vulnérabilités du système touristique :
- crises sanitaires (Covid-19), géopolitiques (attentats, instabilités), économiques ;
- inégalités d’accès persistantes (90 % des mobilités internationales restent le fait des habitants du Nord).
II. Des flux touristiques massifs qui reconfigurent les territoires à toutes les échelles
Problématique : comment les flux touristiques internationaux transforment-ils les espaces et créent-ils de nouveaux enjeux territoriaux ?
1. Une géographie polarisée mais en expansion :
- les grandes régions émettrices (Europe, Amérique du Nord, Asie-Pacifique) et réceptrices ;
- croissance de nouvelles destinations (Asie centrale, Afrique de l’Est, pôles polaires) ;
- structuration d’un écoumène touristique mondial, mais déséquilibré.
2. Des territoires aménagés pour le tourisme :
- création ou transformation de lieux : stations balnéaires, villes-musées, parcs à thème, resorts ;
- urbanisation touristique : gentrification, artificialisation des littoraux, pression foncière.
3. Concentration et saturation : des espaces sous tension :
- notion d’over-tourism : Barcelone, Venise, Santorin, Machu Picchu ;
- conséquences : nuisances locales, tensions socio-économiques, rejet des populations locales.
- mesures de régulation : quotas, taxes de séjour, restriction d’accès (ZTL, plateformes type Airbnb limitées).
4. Impacts environnementaux :
- empreinte carbone massive du transport aérien (tourisme = 8 % des émissions mondiales de GES) ;
- dégradation des milieux : érosion, pollution, perte de biodiversité (ex : Méditerranée) ;
- paradoxes : tourisme de la dernière chance, injonctions à la durabilité.
5. Enjeux économiques :
- atouts : devises, emplois, développement local, valorisation du patrimoine ;
- risques : dépendance économique excessive (ex : Maldives, îles caribéennes), précarisation des emplois, fuites de capitaux.
III. Vers un tourisme international plus soutenable ? Enjeux et perspectives d’une transition nécessaire
Problématique : comment concilier attractivité touristique et durabilité territoriale ?
1. La croissance sous condition :
- la logique actuelle est celle d’une croissance continue (prévisions OMT) ;
- mais les crises appellent une révision du modèle : pandémie, climat, acceptabilité sociale.
2. Une diversification des modèles touristiques :
- tourisme durable, solidaire, de proximité (slow tourism, staycation) ;
- émergence d’initiatives citoyennes ou publiques pour réduire l’empreinte touristique ;
- limites : contradiction entre intentions et pratiques, injonctions paradoxales (“greenwashing”).
3. Des réponses multiscalaires :
- gouvernance locale, nationale et internationale : quotas, labellisations, fiscalité verte ;
- coopération entre États, rôle des ONG, implication des habitants ;
- exemples d’innovations territoriales : écomusées, circuits courts, tourisme communautaire.
Conclusion
Le tourisme international est un symbole et un moteur des mobilités généralisées. Il restructure les territoires, accélère les échanges, mais accentue aussi les déséquilibres. Face aux limites écologiques, sociales et économiques de son modèle dominant, la question de sa transition vers des pratiques plus durables devient centrale. L’avenir du tourisme mondial repose sur une redéfinition de ses finalités, de ses formes et de ses modalités d’organisation.